Comprendre les douleurs de règles

Comprendre les douleurs de règles


Les douleurs menstruelles, aussi appelées dysménorrhées, ne relèvent pas uniquement d’une fatalité ou d’une sensibilité individuelle. Elles traduisent, dans de nombreux cas, un déséquilibre à la fois inflammatoire et hormonal, impliquant notamment le métabolisme des œstrogènes et la régulation des prostaglandines (de série 2).



Le cycle menstruel est divisé en deux grandes phases :

➡️ La phase folliculaire (première partie du cycle) : dominée par les œstrogènes, sécrétés principalement par les follicules ovariens en maturation. Les œstrogènes stimulent la prolifération de l’endomètre et participent à la préparation de l’ovulation.

➡️ La phase lutéale (seconde partie du cycle, après ovulation) : dominée par la progestérone, produite par le corps jaune. La progestérone induit une transformation de l’endomètre en vue d’une éventuelle implantation et exerce un effet globalement anti-prolifératif, anti-inflammatoire et régulateur.

L’équilibre entre ces deux hormones est fondamental : les œstrogènes stimulent, la progestérone module et tempère.



Dans de nombreux tableaux de dysménorrhées, on observe ce que l’on appelle une hyperœstrogénie relative. Celle-ci se définit comme un déséquilibre du ratio œstrogènes / progestérone, le plus souvent en faveur des œstrogènes.

Ce déséquilibre peut résulter de plusieurs mécanismes :

➡️ une phase lutéale marquée une production insuffisante de progestérone après l’ovulation
➡️ une ovulation de qualité suboptimale, impactant la formation du corps jaune
➡️ une élimination hépatique des œstrogènes insuffisante, modifiant leur accumulation et leur activité biologique


La progestérone jouant un rôle clé de régulation, sa diminution relative laisse les effets des œstrogènes s’exprimer de manière plus forte. Ce qui peut se traduire par :

➡️ une hyperstimulation de l’endomètre, avec une prolifération accrue des tissus
➡️ une majoration des phénomènes de congestion pelvienne
➡️ une augmentation de la sensibilité aux médiateurs inflammatoires, notamment les prostaglandines

Ce terrain favorise des contractions utérines plus intenses et plus douloureuses lors des menstruations.


Optimiser la production de progestérone permettrait donc :

➡️ de limiter la prolifération excessive de l’endomètre
➡️ de moduler la réponse inflammatoire
➡️ de réduire la production excessive de prostaglandines
➡️ et ainsi, indirectement, de diminuer l’intensité des douleurs menstruelles


Ce travail s’inscrit toujours dans une approche globale, incluant :

➡️ le soutien de l’ovulation
➡️ l’équilibre du système nerveux et du stress (fortement impliqué dans la fonction lutéale)
➡️ et la capacité hépatique de métabolisation hormonale



Les œstrogènes n’agissent pas tous de la même manière dans l’organisme : leur effet dépend en grande partie de la façon dont ils sont transformés et éliminés, notamment au niveau du foie.


On distingue principalement trois voies métaboliques :

1️⃣ la voie des 2-hydroxylations (2-OH), associée à des métabolites faiblement œstrogéniques
2️⃣ la voie des 16α-hydroxylations (16-OH), produisant des dérivés plus fortement actifs sur les récepteurs œstrogéniques
3️⃣ (secondairement) la voie des 4-OH, plus réactive sur le plan oxydatif

Dans ce contexte, le ratio 2-OH / 16-OH constitue un indicateur pertinent de l’équilibre du métabolisme œstrogénique.


Un ratio diminué (en-dessous de 2) en faveur de la voie 16-OH est associé à :

⮕ une majoration possible des symptômes menstruels, dont les douleurs
⮕ une stimulation accrue des tissus hormono-dépendants
⮕ un terrain plus pro-inflammatoire



Sur le plan physiopathologique, la douleur menstruelle est étroitement liée à la production de prostaglandines, en particulier la PGF2α.

Ces médiateurs lipidiques induisent :

➡️ des contractions utérines intenses
➡️ une vasoconstriction locale
➡️ une diminution transitoire de l’oxygénation tissulaire

Un excès de prostaglandines, souvent corrélé à un terrain inflammatoire et à un déséquilibre hormonal, entraîne une amplification des douleurs.



#1 Moduler l’inflammation et la production de prostaglandines

Les douleurs menstruelles sont étroitement liées à une production accrue de prostaglandines pro-inflammatoires, responsables de contractions utérines intenses.

Certains nutriments permettent de moduler cette voie :

➡️ les acides gras oméga-3, qui participent à la synthèse de prostaglandines moins inflammatoires. Les oméga-3 doivent être sciemment choisis, notamment grâce à l’indice TOTOX, qui doit être inférieur à 10, dans l’idéal. On veillera à arrêter la cure d’oméga 3, 1 semaine avant les menstruations si ces dernières sont abondantes, car cela peut rendre le flux plus abondant.

➡️ le magnésium, qui contribue à la relaxation musculaire et à la régulation du système nerveux. Par ailleurs, il concoure avec la vitamine B6, à moduler l’accrochage des oestrogènes à ses récepteurs, et au catabolisme des oestrogènes au niveau hépatique.

➡️ le DGLA (issu notamment de l’huile de bourrache), précurseur de prostaglandines aux propriétés plus régulatrices et anti-inflammatoire (PGE1)

➡️ la PEA (palmitoyléthanolamide), molécule très intéressante dans la modulation de la douleur et de l’inflammation.

➡️ La vitamine D : un soutien scientifiquement validé contre les douleurs menstruelle. En effet, la vitamine D joue un rôle clé dans la modulation de la douleur et de l’inflammation. Plusieurs études mettent en évidence son efficacité pour réduire les symptômes liés au cycle menstruel et au syndrome prémenstruel:

Une supplémentation en vitamine D pourrait réduire les symptômes du SPM, y compris les douleurs abdominales et les crampes menstruelles (Sources PMID: 29447494).
Chez les femmes présentant une endométriose, des études montrent des taux de vitamine D significativement plus bas que chez les femmes non atteintes, suggérant un rôle protecteur potentiel (Sources PMID: 35315418).
Une consommation élevée d’aliments riches en vitamine D est associée à une diminution du risque de développer une endométriose (Sources PMID: 35315418).
Enfin, plusieurs observations indiquent que plus le taux de vitamine D est bas, plus les symptômes du SPM sont sévères, incluant les douleurs menstruelles (Sources PMID: 35315418).

Ces données confirment que la vitamine D peut être envisagée comme un levier naturel et scientifiquement étayé pour réduire l’intensité des douleurs menstruelles et soutenir l’équilibre hormonal global.

➡️ La CoQ10 est une molécule essentielle à la production d’énergie cellulaire au niveau mitochondrial. Elle peut contribuer à réduire la fatigue et les douleurs associées aux contractions utérines, grâce à son action sur le stress oxydatif et l’inflammation. On choisira la forme ubiquinol Kaneka.



#2 Rééquilibrer le terrain hormonal


Lorsque les douleurs s’inscrivent dans un contexte d’hyperœstrogénie relative, le travail consiste à restaurer un équilibre entre œstrogènes et progestérone. En seconde partie de cycle, certaines plantes peuvent être proposées (attention ne pas prendre de plantes sans l’avis d’un professionnel) :

➡️ le gattilier, traditionnellement utilisé pour soutenir la fonction lutéale

➡️l’alchémille, intéressante pour son action à la fois hormonale et décongestionnante pelvienne

Ce travail vise à améliorer la qualité de la phase lutéale et à limiter les effets d’une stimulation œstrogénique insuffisamment contrebalancée.



#3 Soutenir le métabolisme et l’élimination des œstrogènes


Comme évoqué précédemment, l’impact des œstrogènes dépend en grande partie de leur métabolisme. L’objectif est ici de favoriser une orientation vers des métabolites moins prolifératifs (voie 2-OH), et de limiter leur accumulation. Certains composés peuvent être utiles dans ce contexte :

➡️ l’indole-3-carbinol (issu des crucifères), qui soutient l’orientation du métabolisme œstrogénique

➡️ les extraits d’artichaut, bien titré en cynarine, qui participent au soutien de la fonction hépatique



#4 Limiter la réabsorption intestinale des œstrogènes


Une part des œstrogènes conjugués est éliminée via la bile, puis passe dans l’intestin. En cas de déséquilibre du microbiote (estrobolome) ou de troubles digestifs, ces œstrogènes peuvent être déconjugués puis réabsorbés, prolongeant leur action.


➡️ Dans ce contexte : le calcium D-glucarate peut être envisagé pour soutenir les processus de détoxification.

Une attention particulière doit être portée à l’équilibre digestif global



#5 Agir sur la congestion pelvienne


Certaines plantes agissent plus spécifiquement sur la sphère pelvienne :

➡️ l’achillée millefeuille, traditionnellement utilisée pour ses propriétés antispasmodiques et décongestionnantes les bourgeons de framboisier ou de pommier, utilisés en gemmothérapie dans les déséquilibres du cycle féminin

➡️ Les cataplasmes à l’huile de ricin ont été également utilisés longtemps à cet effet (décongestionnant pelvien)


#6 Aromathérapie



Une huile essentielle antispasmodique et anti-douleur. Il suffit d’en appliquer 1 goutte dans 1 càc d’huile végétale neutre biologique, comme de l’huile de coco, ou de l’huile d’olive, en massage sur le bas ventre, lorsque les douleurs se font ressentir.

Attention

On évite l’usage d’une huile essentielle sur une longue durée sans l’avis d’un professionnel de santé.
Déconseillée pour les personnes sous médicaments anticoagulants ou ayant des troubles de la coagulation.




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